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Histoire du
blasonnement
À l'origine, au 12e siècle, il y a
surtout des armoiries de fief (rattachées au territoire et qui
subsistent dans les armoiries urbaines). Dans les combats, les
vilains (villageois) portent les armes de leur seigneur. Les hérauts
d'armes établissent des répertoires pour faire l'inventaire des
armoiries. Dès lors, la science du blason obéit à des règles
immuables et prend un caractère régulier. Les noms de famille font
leur apparition pour la première fois au 12e siècle; ils constituent
un signe distinctif permanent et deviennent propriété régulière et
transmissible. De la même manière, les armoiries sont transmises
de père en fils ou fille. Celui qui change de dignité, modifie
les insignes extérieurs de l'écu, mais ne modifie pas son blason.
Ainsi, une municipalité qui devient ville y ajoutera la couronne
murale. Un prélat, qui possède des armes de famille, garde celle-ci
lorsqu'il devient évêque, mais y ajoute les insignes de sa dignité.
Comme on ne peut changer aisément de nom, on évite de changer
d'armes.
Si l'héraldique est née des guerres et
des tournois, le sceau répand l'usage des armoiries. Après les
nobles, les villes, communes, corporations, chapîtres, s'identifient
par leur armoiries. Dès le 13e siècle, paysans, marchands et
bourgeois scellent leurs documents d'un blason non timbré. Le
blason apparaît sur les sceaux, ne représente plus le fief mais la
famille et identifie les objets lui appartenant. Au 15e siècle,
le blason appartient définitivement à la famille, indépendamment de
toute possession territoriale. Le blason ne sert plus qu'à la
décoration et à authentifier les documents. Au 17e siècle, nous
voyons la France entière fixer ses armoiries. À ce moment, les
blasons de roture (de ceux qui ne sont pas noble) représentent les
trois quarts des blasons existants. Les familles font enregistrer
leurs anciens blasons ou en choisissent de nouveaux. Le blason n'est
plus qu'un signe de propriété. Il convient de dire que c'est la plus
personnelle et la plus agréable des marques de propriété.
par Jules Romme |